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Témoignage de parents

Jeune universitaire de 21 ans, notre fils avait bien hâte de terminer ses études et gagner sa vie. Chaque été, aussitôt les cours finis, il trimait dur, ne prenait pas beaucoup de vacances, ajoutant plutôt un stage pour aller plus vite. Nous ne le voyions pas souvent: quelques jours avant la rentrée en septembre, aux Fêtes, à la semaine de relâche et à quelques autres rares occasions durant l'année scolaire. Il réussissait bien, mais se disait fatigué et maigrissait. On pensait burnout, dépression.

Lors d'un séjour à la maison, il a avoué avoir de la difficulté à se lever, ne dormant pas beaucoup. Puis il avait eu un échec: le premier depuis le primaire. Il disait: « Je ne sais plus par quoi commencer, j'ai trop de travaux à remettre, d'études à faire... ».

Pas question de prendre du repos en laissant tomber la session ou quelques cours, comme nous le lui suggérions. Il repartit donc, avec beaucoup de lassitude, mais pas pour longtemps.
Trois semaines plus tard, il revenait sans bagage, ayant tout laissé à sa pension. « Je n'en peux plus, je suis complètement démoli...». Et, dans les heures et les jours qui ont suivi, tout a basculé: hallucinations, délires, peurs, pleurs, angoisses, il ne dormait plus, nous non plus. Que se passe-t-il? Nous avons consulté en psychiatrie et le diagnostic de schizophrénie est tombé.
Douloureux et ahurissant à entendre, ce diagnostic si rapide.
Très, très souffrant pour la personne atteinte et pour les proches aussi.
Puis, on se dit: c'est juste un diagnostic, ce ne peut être ça... et il va guérir... pas une autre crise! Insomnie... prière... pleurs...
rage... une autre hospitalisation encore... un autre médicament...

Que va-t-il devenir? Qu'est-ce qu'on peut faire? Il reste couché...
Il n'a plus de motivation... Il faut lui dire de se laver... Il a peur de mourir... on pense à lui tout le temps... on n'ose plus sortir... on est toujours rendus à l'hôpital... on oublie presque qu'il a une soeur... il prend trop de place... il nous suit partout dans la maison... il ne veut plus prendre ses médicaments... ça va un peu mieux... ça recommence... pas encore! Téléphones...

Fort heureusement que l'APPAMM-ESTRIE existe. C'est là que nous avons pu vider le trop-plein de nos inquiétudes, en étant accueillis et compris puisque c'est le lot de plusieurs familles vivant la problématique de la maladie mentale; l'impuissance, le sentiment d'être démunis, nous le partageons. Nous nous sommes sentis soutenus, non jugés, plus aguerris. Mieux informés, nous pouvons accompagner plus adéquatement notre fils et pour nous, l'APPAMM-ESTRIE est une ressource à laquelle nous recourons pour mieux vivre et apprendre à faire avec la maladie mentale.

Signé,

Un couple en cheminement.

L'APPAMM-ESTRIE salue l'appui financier de
Fondation Bon Départ De Canadian Tire Du Québec